Emmanuel-Marie-Louis-Eugène de Tardy

Emmanuel-Marie-Louis-Eugène de Tardy, Vicomte de Montravel, troisième et dernier du nom de la branche dite de Joyeuse en Vivarais, né à Joyeuse le 25 décembre 1866, 3e enfant et 1er fils de Antoine-Jean-Louis de Tardy, Vicomte de Montravel et d’Amélie Vétillart du Ribert, vicomtesse de Tardy de Montravel.

Il fit ses études en partie chez les Pères maristes de la Seyne, en partie chez ceux de Saint-Chamond et les a achevées par le baccalauréat es-sciences auquel il a été reçu en avril 1885 à Lyon.

Engagé volontaire au mois de juillet 1885 dans l’artillerie de marine, à Lorient, il conquiert rapidement ses premiers grades de brigadier et sous-officier dans le courant de 1887. Au mois de décembre de cette même année, il est désigné pour faire partie de deux batteries destinées à maintenir dans l’ordre la nouvelle colonie du Tonkin. Il s’embarque donc à Toulon sur l’Amérique et, après une traversée de 38 jours, débarque à Haï-Phong d’où il est dirigé, avec un détachement d’une quarantaine d’hommes, sur le petit poste de Mon-Cay, à la frontière de Chine. Ce poste était alors dépourvu de toutes ressources et les troupe qui avaient le devoir de s’y maintenir étaient mal nourries et logées dans de misérables paillotes; aussi furent-ils décimés par les fièvres et la dysenterie.

Emmanuel de Montravel, alors maréchal des logis, resta bientôt seul à la tête d’une vingtaine d’artilleurs pour défendre, de concert avec une compagnie de la légion étrangère, le poste sans cesse attaqué par les pirates qui infestent ces régions. Cette position dangereuse est ainsi maintenue jusqu’au mois d’octobre 1888, époque à laquelle des renforts arrivent de Mon-Cay.

Rappelé alors à Hanoï, après avoir payé son tribut à la fièvre paludéenne, Emmanuel encore secoué par la maladie, se présente devant ses chefs qui le reconnaissent apte passer élève-officier. Il est donc rapatrié sur le transport de l’Etat le Bien-Hoa et débarque à Toulon en février 1889, après 45 jours de traversée et 14 mois de campagnes.

A son arrivée, les examens pour l’école d’artillerie de Versailles étaient terminés; force lui fut d’attendre le concours suivant et de perdre ainsi une année.

En août 1889, il abandonne l’artillerie de marine pour reprendre son service au 11e régiment d’artillerie, à Versailles. En avril 1890, il est reçu n° 1 de sa brigade à l’école des élèves-officiers de Versailles, d’où il sort le 1er avril 1891 avec le n° 8 sur 90 et le grade de sous-lieutenant au 19e régiment d’artillerie, à Nîmes. Ces bonnes notes le firent désigner pour suivre en 1894-1895 les cours de l’école d’application de l’artillerie et du génie de Fontainebleau avec les officiers sortis de l’école polytechnique.

Il fut promu successivement:

  • lieutenant en second le 1er avril 1893, à Nîmes, au 19e d’artillerie.
  • lieutenant en premier le 1er janvier 1897, à Nîmes, au 38e d’artillerie.
  • Capitaine le 13 juillet 1902, à Nîmes, au 19e d’artillerie.

Il avait obtenu un congé le 5 septembre 1900, pour aller en Russie, se perfectionner dans la langue de ce pays, et y fut cordialement reçu par les généraux Bilderling et Sakharoff, qui devinrent depuis les héros de la guerre Russo-Japonaise. Il revint de Russie le 30 janvier 1901.

Il a épousé par contrat reçu chez Me Moulihn, notaire à Azès, le 26 septembre 1896, Mlle Marie-Louise-Amélie-d’Amoreux, fille de Louis-Jean-Marie et de Dlle Eugénie Correnson. Le mariage religieux fut béni par Mgr Bonnet, évêque de Viviers, et célébré dans la cathédrale d’Uzès le 28 septembre 1896.

Le vicomte et la vicomtesse de Montravel habitent à Nîmes et en été au château des Fouzes près d’Uzès.

Ils ont de leur union:

  • Louis-Marie-Joseph-Eugène, né le 1er septembre 1897 à Uzès, ondoyé le lendemain, baptisé le dimanche 5 décembre 1897 à Uzès.
  • Pauline-Louise-Ursule-Marie-Antoinette, née le 10 juillet 1903 à Uzès, baptisée à Uzès.

Le 10 juin 1911 à Nîmes, il épouse Marie-Elisabeth-Juliette-Yvonne Comolet.

Il est décédé le 19 juillet 1946 à Rosiers-de-Juillac (Corrèze).

 

Acte de naissance