Jean-Louis-Damien de Tardy

Jean Louis Damien de Tardy, 1er Comte de Montravel, seigneur de Bressac, Saint-Lager, Fontblachère, La Baume, Auriolles, Les Motets, Sampzon etc.
né le 2 octobre 1750 à Valence. 1er fils de Jean-Fleury de Tardy de Montravel et de Marie-Louise du Plessis.
Il fut décoré du Lis par lettre du ministre de la guerre le 26 juin 1814.
Il était directeur général des gabelles lorsqu’il vint habiter à Joyeuse en Vivarais, ayant succédé à son père et à son grand-père dans cette charge.
Il eut à soutenir plusieurs procès contre l’administration des domaines et fut admis à faire ses preuves de noblesse, devant le vicomte de Saint-Priest, intendant du Languedoc, qui par jugement souverain du 18 février 1786, le maintint lui et les siens dans leur noblesse.
Il assista, ainsi que ses frères, aux dernières assemblées de la noblesse pour les élections aux états généraux de Villeneuve-de-Berg, en 1789.
Suivant décision royale du 6 décembre 1814, il fut créé comme héréditaire par Sa Majesté Louis XVIII, en récompense des services rendus à l’état par ses aïeux.
A cette occasion il fit, devant le comte de Méry, référendaire de la chancellerie de France, les preuves de sa filiation noble depuis le commencement du XIII siècle.
Le 15 décembre 1814, à midi et demi, il fut présenté à Sa Majesté au Palais des Tuileries, par Monsieur le Duc d’Aumont.
Pendant l’émigration il demeura à Joyeuse et au château de la Bastide-de-Sampzon, où il fut souvent menacé par les révolutionnaires tant à cause de sa qualité de noble, qu’à cause de l’émigration de ses frères. Son beau-père lui fut enlevé pour être conduit à Paris et emprisonné, en attendant l’échafaud. Sa fille se rendit dans cette ville, affrontant mille périls, afin de lui porter secours et y arriva heureusement le jour de la chute et de la mort de Robespierre quand les prisons s’ouvraient devant ceux qui n’espéraient plus que la mort.
Jean Louis Damien épousa par contrat du 5 novembre 1780, à Joyeuse, Demoiselle Marie-Rosalie-Dorothée Pellier de Sampzon, fille unique et héritière d’Antoine Pellier, seigneur de la Bastide et Sampzon, et d’Anne-Dorothée de Gasque de Combes.
Rosalie était né à Joyeuse, le 3 septembre 1763, elle y mourut le jour de l’ascension, 31 mai 1832.
Elle apporta à son mari plus de quarante mille livres de rentes assises sur les terres et château de la Bastide, Sampzon, Souspéret, Arleblanc, La Charve, Auriolles, les moulins à blé de Joyeuse, Rosières, et nombre de terres, vignes prés, bois etc. constituant pour cette époque une fortune considérable. Femme d’un esprit supérieur, brillante dans le monde, fort instruite, pleine de talents d’agrément, administrant elle-même ses grandes propriétés, elle sut élever et diriger ses enfants pendant les temps difficiles de la révolution et en faire des hommes distingués.
Petite de taille et d’une complexion délicate, elle cachait sous des apparences frêles une énergie virile et une volonté indomptable comme elle le prouva en maintes occasions. Aussi ces qualités donnèrent souvent lieu à ses amis de lui appliquer le vers d’Ovide: … animus ingens in augusto pectore ( grande âme, dans un petit corps).
Jean Louis Damien mourut à Joyeuse le 16 janvier 1840 à l’âge de 89 ans et trois mois, après avoir procédé au partage de ses biens, le 31 juillet 1832.
Homme du monde et d’esprit, il avait été élevé au collège des Pères Jésuites de Tournon, d’où il sortit pour vivre au milieu des siens, adulé par ses frères comme étant le chef de famille.
Très peu au courant des choses matérielles de l’existence, il fut heureux de trouver en la compagne de sa vie, une femme d’un esprit et d’une intelligence supérieurs, qui sut faire l’honneur, l’ornement et le bonheur de sa maison.
Il avait quitté la ville de La Voulte où il était né, pour aller demeurer dans la maison de sa femme à Joyeuse. Il vendit aussi son château de Fontblachère, ses terres de Bressac, Saint-Lager etc., et acquit à la vente des terres du duché de Joyeuse, celles de la Baume près de Ruoms, consistant principalement en droits seigneuriaux, qui furent perdus à la révolution, et la terre d’Auriolles, constituée par de grandes et fertiles propriétés au bord de la rivière de Chassezac et de nombreux moulins.
Du Mariage du Comte de Montravel avec Rosalie Pellier, naquirent six enfants dont quatre leur survécurent:

  • Louis-Antoine-Fleury, ° à Joyeuse le 23 septembre 1781. † à Peaugres le 21 octobre 1861.
  • Antoine-Maurice, ° à Joyeuse le 8 mai 1784. † à Lyon, le 19 octobre 1856. Auteur de la branche dite de Joyeuse en Vivarais. Vicomte de Montravel.
  • Marie-Philippe-Adèle, ° à Joyeuse le 15 avril 1787. † à Joyeuse le 29 août 1788.
  • Louis-Victor-Eugène, ° à Joyeuse le 28 juin 1790. † à Grenoble le 22 octobre 1856.
  • Marie-Thérèse-Madeleine, ° à Joyeuse le 7 nivose an IV (28 décembre 1795). † à Tournon le 2 février 1883.
  • Louis-Philippe, ° à Joyeuse le 1er ventôse an XII ( 21 février 1804). † le 10 ventôse an XII (1er mars 1804).