Henri de Joyeuse

Henri de Joyeuse, comte du Bouchage, en religion Père Ange, est né à Toulouse le 21 septembre 1563. Il est le fils de Guillaume II de Joyeuse et de Marie de Batarnay.
Henri de Joyeuse rejoint ses frères à la cour d’Henri III, qui le nomme Grand Maître de sa garde-robe. Le 28 novembre 1581, il épouse Catherine de la Valette, âgée de 15 ans. Leur fille, Henriette Catherine de Joyeuse, naît au Louvre le 10 janvier 1585. La mort de Catherine, le 10 août 1587, le convainc de devenir capucin, le 24 septembre 1587, sous le nom de Père Ange. Henri III se précipite au couvent des Capucins, et, découvrant son ancien favori « la tête rasée et les pieds nus, peu s’en fallut qu’il ne tomba pasmé à la renverse ».

Le père Ange rejoint la Ligue catholique, le 23 octobre 1592, il quitte l’habit et se voit nommé lieutenant général du Languedoc. Toutefois, sous l’influence de son frère François, il finit par négocier son ralliement à Henri IV en janvier 1596 (édit de Folembray), qui le crée maréchal de France. De nouveau capucin, Henri de Joyeuse (père Ange) devient un prédicateur renommé et un mystique sujet à des extases. Il est un des premiers à remarquer la valeur de François Leclerc du Tremblay, en religion Père Joseph.

Il meurt le 28 septembre 1608, au couvent des capucins de Rivoli (Italie). Son corps fut ramené à Paris et fut inhumé dans la chapelle des Capucins de la rue Saint-Honoré.

« Un frère de Joyeuse osa longtemps paraître. Ce fut lui que Paris vit passer tour à tour du siècle au fond d’un cloître, et du cloître à la cour : Vicieux, pénitent, courtisan, solitaire, Il prit, quitta, reprit la cuirasse et la haire. Du pied des saints autels arrosés de ses pleurs, Il courut de la Ligue animer les fureurs, Et plongea dans le sang de la France éplorée la main qu’à l’Éternel il avait consacrée. » Voltaire – La Henriade – Chant IV.